PLATEFORME 
TRANS

Voix

Il existe plusieurs facteurs qui différencient les voix dites féminines des voix dites masculines. Les premières se situent en général dans les 120 Hz tandis que les secondes oscillent autour des 220 Hz. Entre les deux, une zone plutôt floue existe, entre 150 et 185 Hz, où l’on considère que la voix est androgyne, ou neutre, sans renvoyer à l’image d’un genre ou d’un autre. La hauteur des ondes sonores que l’on émet est définie en grande majorité par la taille des cordes vocales laquelle est influencée majoritairement par les flux hormonaux et le développement de la gorge en grandissant.

D’autres critères, bien plus sociaux, jouent dans l’interprétation d’une voix comme féminine ou masculine. Il est bon de préciser que, comme tout élément social, celui-ci n’a pas de valeur ontologiquement féminine ou masculine et attrait exclusivement à l’interprétation que la société à de celui-ci.

Le placement de la tonalité de la voix joue beaucoup dans les différenciations sociologiques hommes/femmes : les personnes identifiées comme des filles vont être influencées à beaucoup varier les tons, contrairement aux personnes identifiées comme des garçons qui ont généralement une voix plus monotone. On remarque également que les filles et femmes cisgenres ont également tendance à finir leur phrase dans les aigus presque comme une question, contrairement aux hommes cisgenres qui vont plus affirmer leur paroles et donc baisser dans les tons au fur et à mesure des phrases.

Enfin, l’endroit d’où vient la voix (on parle de voix venant du ventre, du thorax ou de la tête en fonction de l’ouverture de la gorge lorsque l’on parle et du point de stockage de l’air que l’on expulse en parlant) joue aussi, puisque les hommes cisgenres parlent généralement du ventre ou du thorax, tandis que les femmes vont généralement plutôt adopter une voix de tête.

Les hormones n’influencent que peu la voix, étant donné qu’une fois les cordes vocales épaissies (ce qu’il se passe lorsque l’on mue), il est difficile de les affiner à nouveau. Il existe donc deux manières vraiment fiables pour permettre de rehausser la voix. D’un côté, il est possible d’avoir recours à une chirurgie des cordes vocales, appelée cricothyroplastie, mais l’orthophonie est également une bonne ressource afin de rééduquer la voix et lui apprendre à s’élever.

L’orthophonie a pour but d’apprendre à utiliser différemment son appareil vocal sans avoir recours à une chirurgie. La ou le logopède va commencer par évaluer la voix de la ou le patient·e, afin de voir les différentes possibilités et jauger quelle méthode sera la plus efficace pour un résultat qui correspond à ce que la personne demande. Il s’agira alors d’apprendre, par la répétition de sons, de mots et de phrases, comment placer la voix d’une façon plus féminine sans abîmer les cordes vocales.

La cricothyroplastie est la solution chirurgicale. C’est une opération qui consiste à tendre les cordes vocales en faisant pivoter le cartilage cricoïde par rapport au cartilage thyroïde en nouant et tendant des fils non résorbables, afin d’allonger les cordes vocales. Cela se fait sous anesthésie générale à l’aide d’une incision horizontale dans le pli de la peau, un peu en dessous de la pomme d’Adam. La ou le patient·e peut généralement quitter l’hôpital dès le lendemain de l’opération et peut gagner grâce à cette méthode jusqu’à 100Hz. Il faut savoir qu’après cette opération, les capacités en matière de chant seront grandement limitées pour la ou le patient·e.

Contre-indications : La majeure contre-indication à cette chirurgie est l’ossification du cartilage thyroïde, qui peut commencer à partir de 40 ans et continuer progressivement. Il devient alors très difficile, voire impossible, de faire passer le fil à travers le cartilage ossifié. Outre l’âge, le tabagisme et le poids peuvent également avoir d’importants effets sur la qualité du cartilage thyroïdien.

Complications : En plus des complications habituelles liées à toute chirurgie et aux chirurgies de la voix (une mauvaise exécution de la procédure peut aggraver encore plus la voix), il est également possible qu’un certain temps après l’intervention, les cordes vocales se détendent à nouveau.

 

Orthophonie ou chirurgie ? On conseille généralement de commencer par de l’orthophonie avant de s’aventurer sur le chemin de la chirurgie, principalement parce que les patient·e·s sont souvent étonné·e·s de l’efficacité du traitement logopédique. Même avec une voix qui reste dans la zone “androgyne”, l’apparence de la personne peut combler les derniers doutes qui pourraient rester quant à son passing. Cependant, il n’y a pas forcément à faire un choix entre les deux ou à exécuter le chemin dans un certain ordre, chacun·e est libre de suivre la voie qui lui semble la plus appropriée pour arriver à son point de confort.

Sources

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