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Traitement hormonal

Le traitement hormonal masculinisant, est le procédé médical par lequel on va tenter de faire baisser le niveau des hormones naturellement produites par la personne en transition masculinisante (les œstrogènes et la progestérone) en ajoutant un apport régulier de testostérone. Cette hormone est naturellement produite par tous les êtres humains et il ne représente donc aucun danger d’en prendre en complément. De plus, celle-ci vit très bien en cohabitation avec les œstrogènes dont le niveau baisse sans peine pour la laisser agir.

 

Comment avoir accès aux hormones ?

Premièrement, il faut choisir son médecin. 

L’endocrinologue est la ou le médecin spécialiste des hormones et de leurs effets, il est donc normal de se dire que c’est avec elle ou lui que le suivi sera le plus complet. Cependant, certain·e·s médecins généralistes ont également les capacités pour suivre un parcours de transition, car ces derniers sont en réalité assez simples à suivre. Le majeur avantage du/de la généraliste est le temps d’attente réduit et le prix des consultations bien moins important, l’inconvénient étant la non-remboursabilité de la testostérone. Ensuite, une fois le rendez-vous pris, la ou le médecin, après quelques questions sur votre santé générale, vous prescrira une prise de sang. Selon vos antécédents, vous pourriez avoir à faire d’autres examens (comme une échographie ovarienne, une radio de la gorge). La ou le médecin vous fixera un second rendez-vous afin d’analyser vos résultats et, en fonction de ceux-ci, vous prescrira une certaine posologie. Vous pourrez alors commencer la testostérone.

 

Seules quelques contre-indications absolues existent par rapport à la testostérone :

  • La grossesse et/ou l’allaitement (mais le TH peut être arrêté le temps de la grossesse/l’allaitement)
  • Un cancer du sein sensible aux androgènes
  • Une cardiopathie coronarienne incontrôlée
  • Un cancer de l’endomètre actif

Quelques autres conditions peuvent rendre difficile l’accès aux hormones (maladies du foie, insuffisance rénale ou cardiaque, antécédents de cancer du sein ou de l’utérus, addictions, prise d’un traitement contre le VIH…), mais ne l’empêchent pas si un suivi rigoureux est mis en place. On peut aussi parfois entendre que la prise de testostérone accroîtrait les risques de cancers utérins, ovariens, du sein et du col de l’utérus, cependant il n’y a à ce jour pas encore eu d’études réellement concluantes sur le sujet, par manque de données. Cette information est donc à prendre avec des pincettes.

Comment prendre la testostérone ?

Il existe plusieurs formes de prise de testostérone. La plus commune est l’injection en intramusculaire de Sustanon, qui s’injecte généralement à raison d’une ampoule par cycle de trois semaines (mais la posologie peut varier selon les niveaux naturels de testostérone de chacun·e). Il existe également un autre produit injectable, le Nebido ou encore de la testostérone en gel transdermique, le Testarzon.

 

Pour compléter la vie générale du prix total, on peut ajouter, pour les injections, les prix des aiguilles et seringues (environs 0,20€ par injection), une visite chez le médecin tous les trois mois environs (4 à 6 € à sortir de sa propre poche chez un généraliste, le prix chez l’endocrinologue varie selon la ou le médecin) ainsi que les prises de sang (environ 15€ tous les trois à six mois).

 

Quels effets peut-on attendre des hormones ?

Les effets de la testostérone sont ceux d’une puberté masculine assez classique. Il faut en général entre trois et six mois pour que les premiers effets visibles se déclarent, même si d’autres changements internes et psychiques arrivent plus tôt. Une possibilité, pour les personnes qui souhaiteraient certains changements et pas d’autres, est de prendre la testostérone un temps, puis d’arrêter, tout en sachant que certains changements sont réversibles. Bien sûr, chaque transition est unique et dépend du patrimoine génétique de chacun·e·s. Certains effets ne sont même pas expérimentés par toutes les personnes, de la même façon que tous les hommes cisgenres et autres personnes produisant naturellement un taux prédominant de testostérone n’ont pas exactement les mêmes caractéristiques sexuées secondaires (pomme d’Adam, barbe fournie…). Voici un tableau des effets majeurs à attendre quand on suit un traitement hormonal à base de testostérone :

 

 

Quelques idées reçues sur la testostérone

  • La testostérone rend plus agressif et colérique : Comme toute perturbation hormonale, la prise de testostérone peut engendrer des sautes d’humeurs qui vont parfois dans le sens de la colère, mais ces effets ne durent en général que les quelques premiers mois. Si leur présence se fait trop forte ou trop longue, cela peut indiquer que le dosage n’est pas adapté ; il est donc important d’aller voir son médecin pour voir si un réajustement de traitement est envisageable.
  • La testostérone fait grandir : Malheureusement, ce n’est absolument pas le cas, elle a même plutôt pour effet de stopper la croissance, même quand il y aurait normalement encore eu quelques centimètres à gagner. C’est pour cette raison que certaines personnes transgenres attendent la fin de leur potentiel de croissance pour commencer ce traitement.
  • La testostérone est un traitement à prendre à vie : Absolument pas, il est possible d’arrêter la testostérone à n’importe quel moment si vous avez eu les changements voulus et que vous n’avez pas de problème avec le retour en arrière de certaines caractéristiques. Il est important, si vous comptez arrêter la testostérone, d’avoir conscience de l’effet réversible et irréversible de certains changements, comme vu dans le tableau ci-dessus. Certaines personnes non-binaires, par exemple, prennent la testostérone pour avoir la voix plus grave et un visage plus “masculin”, mais arrêtent avant d’avoir de la barbe et/ou le recul de l’implantation capillaire.

Comment fait-on une injection de testostérone ?

Vous pouvez demander à un·e infirimier·ère de venir à domicile vous la faire (tous les soins infirmiers sont gratuits en Belgique) ou vous pouvez apprendre à la faire vous-même. L’injection est simple à faire. 

Deux vidéos explicatives, l’une pour les injections dans la fesse et l’autre pour les injections dans la cuisse, sont disponibles.

Pour se faire rembourser la testostérone, dans le cas du Sustanon, il est obligatoire de se faire prescrire le traitement par un·e endocrinologue (ou un·e urologue) et non un·e médecin généraliste. L’endocrinologue (ou l'urologue) joint à la prescription un formulaire de demande de remboursement (où la mention "dysphorie de genre" sera cochée) à rendre à la mutuelle, qui permettra de baisser drastiquement le prix. Il n'est désormais plus obligatoire d’avoir un M comme mention de genre officielle sur sa carte d'identité pour avoir accès à ce remboursement.

Pour les mineur·e·s, il n’existe aucune réglementation officielle concernant l’accès aux hormones. Il convient donc à chaque médecin de voir avec son éthique professionnelle à quel âge il lui semble bon de donner accès à un traitement hormonal. Beaucoup se limitent à 16 ans minimum pour la testostérone, avec la notable exception du cas où la ou le jeune est sous traitement bloqueur de puberté, ce qui lui permettra d’avoir accès plus tôt aux hormones. Mais certains médecins acceptent de délivrer un traitement hormonal dès l’âge de la puberté “classique”, donc aux alentours de 13 ans et ce sans bloqueurs derrière.

Les bloqueurs de puberté, eux, sont accessibles très tôt car leur but est d’arrêter le développement de la puberté, parfois même préventivement. Leurs effets sont totalement réversibles si la ou le jeune arrête le traitement, ce qui représente un avantage conséquent pour celles·eux qui souhaiteraient continuer à explorer leur zone de confort avant de se lancer dans un traitement hormonal partiellement irréversible. L’administration se fait généralement par injection, à une fréquence d’une fois toutes les 10-14 semaines et il est possible de se les faire entièrement rembourser.

Sources

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